Quand l’aventure japonaise prend une pause : le choix des expatriés en temps de crise

Résumé

Cet article aborde avec une pointe d’humour et de légèreté le phénomène des expatriés quittant le Japon suite à des catastrophes, comme la récente pandémie. Il décrit les défis économiques et sociaux liés à ces départs, mais reste optimiste sur la capacité du Japon à rebondir. En filigrane, il nous rappelle l’importance de réfléchir aux conséquences de nos choix en période de crise et anticipe un retour progressif à la normale, même si le « quand » et le « comment » restent incertains.


La crise du coronavirus a laissé l’économie mondiale et celle de nombreux pays en ruine, surtout ceux qui dépendent habituellement du tourisme. Et malgré le fait que le Japon ait relativement échappé au plus fort de la pandémie, il n’esquivera cependant pas le désastre économique qui s’annonce.

Car malheureusement dès qu’un évènement catastrophique advient sur l’archipel, un nombre important de résidents étrangers décident souvent de quitter le pays. Tour d’horizon des conséquences sur l’archipel.

À chaque catastrophe, son lot de départs

Depuis le début d’année 2020, beaucoup d’étrangers ont quitté le Japon. Encore difficile à chiffrer pour le moment, le phénomène n’est cependant pas nouveau. Car à chaque fois qu’une catastrophe touche le Japon, de nombreux expatriés décident de fuir leur pays d’accueil afin de retourner chez eux.

Après le puissant tremblement de terre en 2011 qui avait causé un tsunami puis l’incident de la centrale nucléaire de Fukushima par exemple, le nombre de résidents étrangers et surtout Français au Japon avait sensiblement diminué. Entre rapatriements forcés ou voulus, simple désir de rentrer ou de changer d’air, cette remigration affecte à chaque fois fortement l’économie japonaise.

Parce que même si finalement beaucoup finiront par revenir une fois le choc passé, tous ne rentreront évidemment pas. La principale raison est que malgré l’attachement émotionnel de ces expatriés à leur pays d’adoption, la peur de tout perdre est parfois la plus forte. La catastrophe aura acté le coup de grâce de leurs projets au pays des cerisiers.

L’après coronavirus : un parcours semé d’embuches

La différence entre une pandémie telle que celle que nous expérimentons depuis 2020 et un tsunami ou un tremblement de terre, c’est évidemment la durée de récupération. Après un tremblement de terre par exemple, la reconstruction des infrastructures ne prend en général “que” quelques semaines ou mois. Mais récupérer de la crise du Covid-19 prendra bien plus de temps que cela. Un véritable retour à la normale s’inscrira dans un calendrier graduel, sur le long terme. Sous réserve bien sûr que l’économie mondiale retrouve des couleurs et qu’une deuxième vague de contaminations et de confinements ici et là ne viennent pas à nouveau doucher une lente et fragile reprise.

L’après-coronavirus sera certainement difficile au Japon, pour un pays qui dépend à la fois beaucoup de sa main d’œuvre étrangère, mais aussi des revenus liés au tourisme – presque 32 millions de visiteurs en 2019 – ainsi que des fonds amenés par les nombreux étudiants étrangers.

Néanmoins le coup d’arrêt ne sera certainement pas définitif et les mouvements migratoires devraient finir par reprendre leur cours habituel, d’autant plus que le Japon, contrairement à d’autres pays d’Asie, a été finalement assez peu touché par le coronavirus. Son économie intérieure n’a eu à subir qu’un demi-confinement et n’a pas été affecté comme ont pu l’être certaines économies européennes, par un confinement total et strict.

Mais il faudra surtout que Tokyo commence par rouvrir complètement les frontières nationales du pays, ce qui devrait encore prendre un certain temps. Sans oublier la nécessité d’une embellie économique énergique pour redynamiser le secteur de l’emploi sur l’archipel afin de proposer à nouveau du travail aux travailleurs expatriés, très touchés par cette crise.

La situation de l’immobilier depuis le départ des étrangers

À part l’emploi, l’autre secteur très touché par la crise est sans conteste celui de l’immobilier. Avec une population en déclin depuis de nombreuses années, le Japon peine par exemple à trouver preneurs pour ses nombreuses akiya (空き家), ces maisons abandonnées le plus souvent situées hors des grandes villes, dans des campagnes isolées qui se dépeuplent à vue d’œil.

Les investissements immobiliers étrangers également, souvent chinois, sont en nette diminution car les investisseurs attendent de voir comment la situation va évoluer sur le long terme.

La progression du virus dans le monde étant imprévisible, peu d’entre eux veulent se risquer à acheter un bien dans lequel ils ne pourront pas venir habiter dans l’immédiat. Le prix des propriétés est par conséquent en baisse car la demande est devenue inférieure à l’offre. Les ventes de biens ont donc augmenté, mais ne trouvent plus preneurs.

Bien planifier son départ du Japon

Peu importe les raisons qui peuvent pousser à quitter son pays d’adoption, bien planifier son départ est évidemment capital.

Partir sur un coup de tête ou dans la précipitation mènera à coup sûr à commettre des erreurs ou des oublis qui compromettront un éventuel retour au pays du soleil levant. Le Japon, tout le monde le sait, est un pays où les coutumes et règlements régissant la société sont nombreux.

Quitter son logement sans payer notamment peut s’avérer imprudent. Non seulement vous ne récupérerez pas votre caution (shikikin/敷金), ni la commission payée au propriétaire lors de votre emménagement (reikin/礼金), mais vous risquez également des pénalités importantes si votre préavis de départ n’est pas donné suffisamment à l’avance. Le préavis est généralement d’un ou deux mois, mais les contrats peuvent différer.

Votre propriétaire pourra par exemple décider de vous faire payer un mois de pénalité si vous le prévenez trop tard de votre départ. Faites donc très attention si vous envisagez de partir précipitamment.

Surtout, une autre raison de ne pas oublier de payer son loyer et ses charges avant de partir, c’est que les propriétaires Japonais sont tradition

nellement frileux à l’idée de louer leurs biens à des étrangers. Partir sans payer votre loyer ou sans régler vos frais et factures laissera donc une mauvaise image non seulement de vous, mais collera également une mauvaise étiquette à toute la communauté des étrangers résidant au Japon.

Ce qui éventuellement finira par rendre encore plus difficile l‘accès à la location et à la propriété pour tous les autres étrangers, quelque soi leur pays d’origine.

Aujourd’hui déjà, en vous rendant dans une agence immobilière nippone, on vous proposera toujours une sélection de logements plus limitée qu’à un citoyen Japonais. Et le choix risque de se restreindre encore plus si les mauvaises pratiques se multiplient. Un cercle vicieux qui nuit donc à tous mais peut cependant être facilement mis en échec si chacun respecte le système en vigueur.

Conclusion

Cette crise, conséquence logique et déplaisante de la pandémie de coronavirus, aura eu un impact disproportionné sur les expatriés au Japon, causant dans son sillage une vague de licenciements, un exode forcé pour certains et une impossibilité de séjour pour d’autres.

La seule certitude que nous ayons, c’est que tout devrait éventuellement rentrer dans l’ordre. Mais quand et à quel prix, il est encore trop tôt pour pouvoir l’estimer avec précision.


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